Une cinquième Transat magnifique en 2026
Et voilà une transat de plus pour Teranga qui a encore une fois remplit la mission sans défaillance!
Mon équipier Olivier arrive le 17 janvier à Lanzarote et nous sommes prêts à partir.
J'avais envie d'aller à El Hierro que je n'ai pas encore vu mais la météo va en décider autrement.
Vent de Nord 5 à 6, j'ai déjà vécu du 4/5 entre Gran Canaria et Ténérife, en plus dans le mauvais sens, les réfractions de houle entre les îles sont trop pénibles, on va attaquer soft en passant par "l'extérieur".
Nous partons donc le 19 janvier à 11h avec un bon 5, grand largue sous GV 3ris, pas besoin de génois pour le moment, on est entre 5 et 6 noeuds, on s'amarine tranquillement.
Teranga se dandine dans les vagues, le soleil fait briller l'eau dans l'étrave, ça commence bien.

A 18h le tangon est en place et le génois 2 ris nous pousse gentiment à 6/7 noeuds de moyenne sur des vagues qui commencent à déferler.
Dans la nuit nous sortons de la protection de Fuerteventura et Teranga se transforme en camion ; les houles croisées sont là et le roulis qui va avec.
L'eau est à 20° et il fait frisquet.
J+1
Quand ça souffle dans les Canaries, des zones de calme importantes se créent sous le vent des îles.
L'idée est de faire du Sud pour contourner les poches de pétole, mais nous devons aller vite car une pétole est prévue se dévellopper à partir des côtes sahariennes très bientôt.
Nous descendons donc droit vers le Cap Boujdour du Sahara occidental, le vent adonne, on empanne plusieurs fois, les cargos nous rasent (on est sur la route du Brésil).
A 20 milles du Cap, il est 16h, un pêcheur s'approche de notre arrière, peut-être inquiet de voir personne à la barre, c'est l'Hydrovane qui est aux commandes.
C'est le moment d'empanner pour faire de l'ouest, grand largue bâbord amure , GV 2ris génois 100%, 7 noeuds .
Pendant la nuit Teranga va glisser à plus de 7 noeuds , quasiment pas de roulis, nuages et étoiles, magnifiques.
J+2
En fin de nuit le vent se calme, les pétoles se rapprochent?
A 9h nous sommes à moins de 5 noeuds , on envoie le gennaker et on retrouve plus de 6 noeuds, il faut dégager de la zone molle au plus vite!
Dans l'apm le vent est irrégulier mais on va faire plus de 7 noeuds, le bonheur!
Pour la nuit le génois remplace le gennaker, la GV prend un ris de précaution et on continue à plus de 7 noeuds au petit largue.
Le ciel est étoilé et ça glisse bien.
J+3 - 22°41N-18°55W à 7h.
Journée pétole, le gennaker nous déhale à 5 noeuds avec 5 noeuds de vent, c'est le miracle de cette voile au bon plein travers. On avance vers l'ouest pour essayer d'échapper à la zone de vrai pétole.
Teranga glisse sur un lac! l'eau n'est qu'à 22° et c'est douche chaude sur la jupe arrière (luxes de l'eau à volonté avec le dessalinisateur, et chaude grâce au chauffage).
Pour la nuit le génois relève le gennaker, par chance le vent monte entre 5 et 10 noeuds, ça glisse toujours!
J+4
Nuit irrégulière avec des calmes, beaucoup de nuages comme hier, mais pas de pluie!
A midi les Alizés se mettent en route, le soir on est sous GV 2 ris et génois à 70%, le tangon est passé à babord.
Nous venons de faire 600 milles à 6 noeuds de moyenne. Nous sommes heureux d'avoir quitter les frimas de l'hiver aussi vite.
les 600 premiers milles en rouge pour 2026, les autres c'était 2021 et 23
J+5 à J+17 La "routine" des Alizés à partir du 24N 21W
Les voiles sont en ciseaux et ne demandent que des réductions ou augmentation de surface.
Pour les ris de la GV il faut rentrer le génois, se mettre en travers et y aller doucement , avec les mouvements du bateau ça monte et ça descend sans difficulté.
On réduit quand on est à plus de 7 noeuds de moyenne le soir, Teranga n'aime pas les manoeuvres de nuit!
L'hydrovane fait le job sans faute, il faut juste le surveiller régulièrement pour vérifier qu'il régule. Si ce n'est pas le cas c'est que l'équilibre GV-Génois-houle a changé et il faut modifier l'angle de barre pour l'aider.
Quelques empannages surprises comme d'habitude (sans risque avec le Walder) ce qui contrarie Olivier qui n'a que des solutions et va installer une retenue de bôme (disposition qui sera dorénavant adopté par Teranga pour les long bords en ciseaux).
Les vagues sont au rendez vous entre 2 et 4 mètres, le vent entre 4 et 5 , toujours quelques vagues qui viennent mettre le bazar, roulis assez pénible quasi permanent.
Mais on avance à plus de 6 noeuds en permanence et Teranga bat son record de surf à 14,9 noeud, sans les vibrations traditionnelles en prime.
Les ciels diurnes et nocturnes sont magiques comme d'habitude, sauf qu'on ne s'y habitue pas car toujours différents.
Les éclairages soleil et lune allument l'étrave et les sillages, que de la magie.
Les cumulus se dandinent, plus ou moins éthérés et suggestifs dans leurs formes toujours différentes.
Il faut le voir pour le croire!
Le dessalinisateur fait de l'eau sans difficulté, à plus de 6 noeuds, il faut juste purger le préfiltre tous les quarts d'heure car il stocke l'air de la mousse de l'étrave qui pénètre dans la prise eau de mer.
L'alternateur d'arbre Windblue power remplit les batteries avec l'aide des 260W solaires, c'est l'autonomie et un vrai luxe au milieu de l'Atlantique!
On attend les Sargasses!
Elles arrivent discrètement à partir du 17N 42°30W soit à J+13.
Elle seront plus ou moins gênantes, nous obligeant souvent à dégager le safran de l'Hydovane (un coup de griffe montée sur une perche sur le bord d'attaque du safran et le tour est joué), c'est facile mais un peu fastidieux.

Elle vont nous poursuivre jusqu'à la Martinique , dommage car elles compliquent la navigation, perte d'énergie sur l'alternateur donc obligation d'économiser l'énergie la nuit, reprise en main de la barre pour oublier l'Hydrovane un moment, aide avec le pilote quand l'équipage est fatigué.
Plus le vent faiblit plus c'est compliqué, mais le régulateur d'allure aura fait le job à plus de 90%.
A J+8, la daurade monte à bord à plus de 7 noeuds, on va en manger 7 jours, conditionnée sous vide, aucun problème de conservation.
L'eau est à 25°, on est sous les tropiques!
Nous venons de faire 2000 milles à 6,6 noeuds de moyenne! Incroyable , même Teranga n'en revient pas!
En rouge au début, bleu à la fin
J+17 -14N 52W à 10H, il faut arrêter le sud sinon on atterrit à Trinidad!
Le tangon passe à tribord, et la vitesse va baisser.
L'eau est maintenant à 28° et on a plus envie de s'agiter, ça tombe bien.
On va zigzaguer au gré des ondulations de Eole pour atterrir au Marin.
Une anomalie jamais vue de mémoire de Teranga: l'avant dernier jour de la traversée, J+21, les gribs donnent un vent d'ouest et nous aurons toute la journée du sud après s'être bien fait rincer plus de deux heures le matin. Rien de violent, peut-être un battement d'aile de papillon non détecté par les calculateurs météo, mais très déroutant!
Et nous arrivons au Marin à J+22 à 6H.
ça c'est un peu plus tard!
Nous aurons fait 2 900 milles , 6 heures de moteur, vu la grande Ourse regarder la lune jouer avec les cumulus, étonnant et magique.
Et j'en profite pour vous dire que Teranga cherche son équipier pour le retour Martinique Toulon à partir du 10 mai!
Bon vent à tous.
J'oubliais de parler du sextant Freiberger donné par un ami de ponton, Georges. L'outil est d'une précision redoutable, mais à plus de 6 noeuds avec du roulis, pas moins de 15 milles de précision. En cas de panne GPS ça pourrait servir, et ce d'autant plus facilement que l'extension "navigation stellaire" d'Open CPN est plus que bien faite.
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