Vendée Globe: tracer sa route pour éviter les zones dangereuses

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Vendée Globe: tracer sa route pour éviter les zones dangereuses
sujet n°116343

" Trois idées pour éviter la tempête : Les vents à 60 voire 70 nœuds et les creux de plus de 10 mètres, il est probable - et souhaitable ! – que personne ne les affronte réellement dans les trois jours qui viennent. On l’a dit : Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac), Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) et Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) sont contraints de mettre la performance en stand-by et de naviguer avec la préservation de leur bateau et d’eux-mêmes comme premier critère. C’est rarissime mais cela arrive, la preuve. Ce qu’on note ce matin à la lecture des caps et des vitesses de ces marins-là, c’est qu’il y a trois façons différentes de gérer cette « crise ». Jean-Pierre Dick a choisi de monter très Nord et d’emprunter le détroit de Bass, entre la Tasmanie et l’Australie. Un détour énorme. Yann Eliès, lui, est à la cape : il fait quasiment du sur-place avec seulement 120 milles parcourus ces dernières 24 heures contre, par exemple, plus de 380 milles pour Jérémie Beyou. L’addition est déjà énorme, mais pas le choix. © Quéguiner Leucémie EspoirJean Le Cam, dans un positionnement différent, fait lui le choix de naviguer lentement tout en restant Sud, en espérant ne pas avoir à affronter des vents supérieurs à 45 nœuds. Il navigue « pédale douce », comme il dit..."

"Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) :
« Je suis encore soucieux... »

« Le bateau n'est plus à la cape. Je suis reparti sous grand-voile seule avec 3 ris. Le vent varie entre 30 et 45 nœuds sous les grains et le bateau fait des pointes à 20 nœuds. La mer va se lever dans quelques temps et c’est ce qui m’inquiète le plus. Il va y avoir jusqu’à 7 mètres de houle ! Je ne m’interdis pas de refaire une petite session à la cape pour laisser passer ce noyau de houle. Je serre les fesses et j’ai hâte de sortir de cette situation compliquée. C’est la deuxième fois dans ce Vendée Globe que je prends une énorme dépression et que je suis obligé de me ralentir fortement. Cette situation me mine le moral. Je m’inquiète pour moi et le bateau. Nous sommes loin des secours."

"La tempête attendue au Sud de la Tasmanie est bien là, comme prévu. Yann Eliès a repris sa route après avoir attendu le passage du front. il navigue toujours à une vitesse réduite. Jean Le Cam fait également le dos rond. De son côté, Jean-Pierre Dick va emprunter le détroit de Bass où il devrait trouver moins de vent qu'au Sud de la Tasmanie et surtout une mer moins formée. Le vent d'Ouest est accéléré au Sud de l'ïle au passage du front, avec des rafales qui peuvent avoisiner les 80 noeuds (150 km/h) alors qu'il devrait être moins fort dans le Nord de lîle."

" Les 40ème rugissants sont fidèles à leur réputation. On voit que les dépressions les plus dangereuses sont jusqu'à présent les dépressions secondaires qui circulent très rapidement à la latitude des concurrents. Les modèles météo appréhendent maintenant beaucoup mieux ces phénomènes dangereux. Les concurrents peuvent donc anticiper le renforcement du vent plusieurs jours à l'avance et le cas échéant choisir une autre trajectoire, comme l'a fait Jean-Pierre Dick."

On voit que même des marins d'exception  engagés dans une compétition acharnée n'hésitent pas à se mettre à la cape ou à contourner la mer dangereuse en filant au portant  vers des isobares moins serrées.  Pourquoi pas nous, simples croiseurs? Belle illustration  actuelle des stratégies décrites dans les Bonnes Pratiques.

Frédéric

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ABACAXI (15m ALU GARCIA comme un grand Maracuja )
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réponse n°269650

Ce qui est dangereux c'est de foncer plein pot sans regarder devant  parce qu'on ne fait pas de quart  en solitaire.

Et en course à 15 nds+, on ne voit rien devant. même si on veut . 

 

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DI ALU GARCIA SALT 57cc
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réponse n°269680

Pour terminer sur cette illustration de l'évitement d'une zone dangereuse  par différentes stratégies on constate ce matin  que Jean-Pierre Dick qui a choisi  la stratégie du contournement par le Nord de la dépression au portant,   en passant au Nord de la Tasmanie  au prix d'un allongement de sa route de plus  de 350 milles  par rapport à la route suivie par ses concurrents directs Jean LeCam  et  Yann Eliès,  a rejoint ses concurrents  en dépassant Jean Le Cam  et en  menaçant Yann Elies  avec un meuilleur angle au vent.  Ce détour  lui a permis, sans rien perdre,  de gagner en sécurité  en ménageant son stress, sa fatigue  et sa monture. C'est aussi une  nouvelle illustration  selon laquelle on ne va pas vite dans le gros temps comme indiqué dans les Bonnes Pratiques pour assurer sa sécurité météo en mer.

Frédéric, commission sécurité

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réponse n°269688

Bonjour,

Le Dr Jean-Yves Chauve actuellement très impliqué comme vous le savez dans le soutien médical du Vendée Globe fait justement remarquer qu'en faisant cette manœuvre de contournement Jean-Pierre Dick a été obligé d’emprunter le détroit de Bass entre l’Australie et la Tasmanie qui se trouvait sur sa trajectoire. Il a pris le risque ce faisant d’avoir une mer certes moins grosse  mais localement très perturbée par des remontées brusques des fonds et par des courants,  ce qui a nécessité une surveillance renforcée de la progression de son bateau par   la direction de la course.  

Frédéric

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mon Super Cata Outremer 50Light
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réponse n°269693

Concernant le détour de JP Dick, Antoine Gautier, directeur technique des projets Macif, a dit dans une itw :"Première en Tasmanie : "Le choix de Jean-Pierre Dick de passer par le détroit de Bass est très curieux. Quand on sait que les fonds remontent de 3 000 à 150 mètres en 50 milles, qu’il faut naviguer dans des zones où il y a 20 mètres d’eau, on peut se demander si c’était vraiment le meilleur endroit pour être à l’abri. En tout cas, l’option était très engagée, c’est une première dans l’histoire du Vendée Globe et ça a permis de faire de très belles images (rires). Ce qui est intéressant, c’est qu’au final, Yann Eliès a dû se mettre à la cape un moment, et qu’il ne s’est pas échappé. Jean-Pierre l’a même rattrapé de 150 milles et va se retrouver très proche, voire même le dépasser. Mais celui qui réalise la meilleure opération, c’est Jean Le Cam. Il a probablement moins souffert de la dépression avec un placement un peu en arrière, et il a pu en profiter pour recoller aux deux autres."

source de l'itw ; 

http://us12.campaign-archive1.com/?u=1e692787e2c4cc3370813fca1&id=db159d...

d'ailleurs je vous recommande de vous abonner à cette news hebdo hebdomadaire "pro et régates", pas mal de choses à apprendre

 

stef sur Mr Happy

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CATAMARAN
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réponse n°269695

Avec la direction de course, j'ai suivi évidemment de près la trajectoire de Thomas Ruyant qui a fuit  vers le Nord l’énorme dépression qui le rattrapait. Il a pu ainsi éviter les 60 à 70 noeuds de vents attendus et une mer démontée 300 milles plus au Sud.  A noter tout de même que la vitesse de son bateau a été déterminante pour adopter cette stratégie.  Joint  à la vacation ce matin, il indiquait avoir encore une mer très formée et plus de 40 noeuds  de vent, voire plus de 50 dans les rafales : «  J’ai pu, depuis hier  soir, éviter le gros de la dépression  qui arrivait sur moi. J’ai quand même eu jusqu’à 45 noeuds de vent mais j’ai  toujours pu faire  route même si ce crochet par le nord va me faire perdre  beaucoup en temps et en milles. Depuis 23h00 j’ai remis le cap dans la  bonne  direction (cap au Sud-Est), mais je ne pourrai renvoyer de la toile que d’ici  24h environ. » Voilà, dans des eaux saines, une belle mise en application du point 1 des  Bonnes Pratiques, anticiper  au mieux  les évolutions météo !

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