Premiers jours à Cuba, Santiago

Premiers jours à Cuba, Santiago

Posté par : Jean
26 Mars 2026 à 01h
Dernière mise à jour 26 Mars 2026 à 20h
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arrivé à Cuba,

la route suivie au tracker navistep,

 

Un bon vent portant me permet de quitter sous voile la baie de Luperon et la République Dominicaine.

Mais, plus de vent en passant au sud de Cuba. Rien. Néant.

Il faut s'aider au moteur

Pas prudent d’arriver de nuit à Santiago de Cuba, que je connais pas, alors je prends mon temps. De toute façon, la mer est d’un calme absolu. Une nuit douce, étoilée, parfaite pour… finir le billet de blog précédent. Je me sens bien en mer.

Ce qui frappe surtout, c’est l’obscurité.

Aucune lumière sur l’île de Cuba.

Sauf du côté de la base américaine de Guantánamo…

Pas de bateaux non plus.

La nuit précédente, entre Cuba et Haïti, j’ai eu ma dose de cargos. Là, plus rien. Silence radio aussi.

J’arrive finalement à Santiago de Cuba. Une nuit de plus que prévu par le routage :

depuis Luperón, la coque et surtout l'hélice se sont copieusement salies.

Et là… une odeur.

Très particulière.

Un mélange industriel bien marqué… qui me ramène directement à mon enfance, à côté de Shell Berre, à la grande époque.

Ma madeleine de Proust, version hydrocarbures.

 

Les cheminées d’usine sur la marina,

 

À peine arrivé, je suis attendu par Pochito

Le copain de Lionel (du catamaran Le Rebelle, rencontré à Samaná) qui attend l’essence que je lui amène. 

 

La marina de Santiago de Cuba,

 

La situation à Cuba est très difficile pour les Cubains.

L’embargo américain n’a jamais été aussi sévère.

Résultat :

plus d’essence

des coupures d’électricité de plus en plus longues et fréquentes.

une nourriture de base hors de prix

Sur les conseils des copains navigateurs croisés en République Dominicaine, j’ai donc rempli le bateau. À bloc.

Pour être autonome…

Mais aussi pour pouvoir aider un peu, directement.

La première personne que je rencontre, c’est donc Pochito l'ami de Lionel.

Il est au courant de mon arrivée, il me suit à l’AIS, et m’attend de pied ferme. Sa maison est juste au-dessus de la marina.

Je suis le seul voilier de passage.

À l’arrivée, formalités rapides.

Le capitaine du port, sourire aux lèvres, me souhaite la bienvenue… en excellent français.

Trois jours plus tard , la douane débarque pour une inspection.

Et là, inspection sérieuse : fouille complète du bateau, avec chien renifleur.

Un labrador beige, très joueur.On dirait Tchika, la chienne d'Éric et Nadine!.

Résultat : RAS.

Douaniers souriants et plutôt sympas.

 

Je prends pension chez Pochito.

j’amène toujours un petit quelque chose, et Keria ou Pochito cuisinent.

 

Avec Keria et Pochito,

Le repas chez Pochito,

 

Quand il n’y a pas d’électricité — ce qui arrive souvent — c'est moi qui cuisine sur le bateau.

Mais comme les Cubains n’ont pas accès à la marina (et encore moins aux bateaux), je ramène ensuite les plats pour qu’on mange ensemble.

 

Cuisine sur le bateau,

 

Sinon, c’est cuisine au feu de bois.

Poulet, bœuf ou poisson selon les jours, fournis par Pochito et Keria.

Et des tomates — c’est la saison.

Tous les matins, je fais aussi le café pour les employés de la marina.

Leur cafetière est cassée.

 

À la marina, il y a aussi un autre "Labadie".

Il a un catamaran à moteur pour emmener les touristes plonger ou admirer le coucher de soleil.

Mais il n’y a plus de touristes.

Lui aussi parle français. Sa famille vient de Guadeloupe, installée ici depuis longtemps.

 

Je fais aussi un tour sur l’île des pêcheurs, juste en face.

Un endroit hors du temps.

 

Pour me déplacer, je troque quelques litres d’essence contre des trajets en moto.

Pochito s’occupe de tout et me trouve les chauffeurs.

 

En moto, toujours avec Pochito,

2 litres d’essence pour le groupe électrogène qui va recharger tous les téléphones du quartier,

 

Direction Santiago.

Sur la place de Céspedes, je rencontre Javier.

Musicien. Guide improvisé.

Et surtout, une culture incroyable.

Pas seulement sur la musique cubaine — sur la musique en général.

Pas seulement sur l’histoire de Cuba — sur l’histoire tout court.

On fait le tour de la ville, principalement à pied, avec un petit passage en charrette à cheval.

Parce qu’ici :

beaucoup de monde à pied

quelques motos

très peu de voitures

Et des charrettes avec des chevaux rachitiques qui servent de bus urbains.

Système D permanent.

Les musées ? Fermés.

Pas d’électricité.

Les hôtels ? Fermés.

Pas de touristes.

Mais la ville reste fascinante, notamment avec ses monuments à la gloire des héros de la révolution.

 

Sur l’ecalier Padre Pico,

 

l’Horloge de Santiago,

 

Peintures murales,

Javier m’a trouvé du Rhum de Santiago à la coopérative,

 

Je passe aussi à l’Alliance Française avec un sac de médicaments et de matériel médical pour enfants, confié en Guadeloupe par Lily.

La secrétaire, cubaine, est médecin.

Elle contacte directement des amis pédiatres pour que tout soit utilisé au mieux.

Mission accomplie.

Je repousse mon départ.

Un jour. Puis deux. Puis trois.

Je serais bien resté plus longtemps.

Mais bon… à un moment, il faut repartir.

Ce sera mardi.

Décidé et ferme !

En attendant, je suis invité avec Pochito et Keria à l’anniversaire de la petite-fille d’Iliana.

Et ici, les anniversaires… c’est sacré.

Rituel immuable :

gros gâteau à la crème

musique

famille

joie

Un très joli moment.

Et c’est ça, le plus marquant.

Malgré :

les coupures d’électricité

le manque d’essence

les prix délirants

les difficultés du quotidien

Les Cubains gardent le sourire.

Une joie de vivre intacte.

Une vraie leçon.

Pour tous les râleurs professionnels. 

L’anniversaire de la petite fille d’Iliana,

 

Retour d’anniversaire joyeux,

 

En route pour Marea del Portillo, sur la route de Cienfuegos. Le vent, bien qu'un peu faible m'est favorable.

Cette fois, pas de moteur, il faut économiser le gasoil du bateau.

 

 

départ de la marina,

 

A cuba en ce moment :

J'ai amené beaucoup de nourriture à distribuer à Cuba. 

On m'a bien expliqué qu'il ne vaut mieux pas donner par le circuit officiel...

Le problème, c'est que beaucoup de monde est dans le besoin, et je me suis débarrassé trop vite d'une grande partie du stock. 

Mais les gens sont gentils et quand on a expliqué que l'on a plus rien à donner, ils disent qu'il n'y a pas de problème. 

Quand j'ai vu comme cela se passait ici, j'ai fait un post sur FB, parce que plus beaucoup de voiliers viennent à Cuba, et que en évitant Cuba, on devient un peu complice de Trump ?

J'ai appelé Pierrot Tabasco qui est depuis un moment a Cienfuegos pour savoir s'il partageait le même sentiment que moi. Du coup, il a fait aussi un post dans son style, très très touchant.

J’ai aussi demandé à Yves et Joëlle du bateau Nana, pour savoir si ils avaient le même sentiment que moi. Ben Oui !

 

Cela n'aura sans doute pas beaucoup d'effet, mais on aura fait ce que l'on pensait devoir faire.

 

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